12.01.2009

comment une manif propalestinnienne devient pro allah

Perpignan : la manifestation pro-Palestine devient pro-Allah

Les manifestations consécutives à la reprise du conflit israélo-palestinien donnent des résultats incroyables en Pays Catalan. Phénomène nouveau, le territoire se raccroche désormais aux wagons orientaux.
Manifestation de défense de la Palestine avec banderole Manifestation de défense de la Palestine avec banderole "J. Moulin = Hamas, Nazis = Israël" - Perpignan, 3 janvier 2009 (image vidéo-amateur)

Lors de la bombance de fin d’année, ni la trêve de Dieu, ni la paix de Dieu, concepts pourtant laïcisés et sécularisés dans la « trêve des confiseurs » française, propre à Noël, n’ont trouvé d’application dans le conflit Proche-Oriental. Aux tirs de roquettes des Palestiniens du Hamas répondaient les tirs militaires de l’armée israélienne, malgré les fêtes, certes chrétiennes. Mais au conflit militaire se joint, à présent et de plus en plus, le conflit médiatique, la guerre des images qui émeuvent le public : la guerre est géniale, car elle permet de retourner une opinion publique. Quoi de plus efficace en période de joie que de montrer la détresse d’une famille après la mort ou la mutilation de son enfant ? Et qu’importe que l’image ne soit pas celle de l’actualité. Pour alerter des atrocités actuelles dans la bande de Gaza, des manifestations ont été organisées un peu partout en territoire français, comme à Perpignan le lundi 29 décembre. Mais il fallait avoir l’œil aiguisé pour le savoir tant les affiches appelant à la mobilisation se trouvaient dans certains endroits « stratégiques ». Cette quasi-confidentialité est corroborée par l’absence de retombées médiatiques, à la faveur de la prudence sur le sujet et de vacances prolongées dans la grosse presse. Ce n’est qu’à l’occasion de la seconde manifestation, samedi 3 janvier, que le journal Midi Libre a évoqué le sujet, peut-être parce qu’une autre manifestation se déroulait à Montpellier. Mais la première manifestation perpignanaise a bien eu lieu, avec un sens d’autant plus important qu’elle s’accompagne d’'un lourd silence.

Récupération musulmane d’une manifestation citoyenne

Le lundi 29 décembre, en fin d’après-midi, le quai Sadi Carnot de Perpignan est fermé à la circulation et un groupe, commençant à être important, s’agglomère face à la Préfecture des Pyrénées-Orientales. Quelques drapeaux palestiniens sont portés et assez vite des slogans hostiles à Israël sont banalement proférés. Le speaker lâche quelques phrases en arabe sans choquer les forces de l’ordre présentes pas plus que les badauds qui préparent leur réveillon. Il est vrai qu’il n’y a pas si longtemps l’arabe était parfois toléré au pré-accueil de la Préfecture, même si le « français est la langue de la République ». Samedi 3 janvier, autre manifestation et nouveaux appels scandés, avec aussi des slogans, parfois plus offensifs dans ce contexte précis et dans ce genre particulier de manifestation, du type « Allah agbar ». D’autres aperçoivent des affiches assimilant le Hamas à la résistance française (plus spécifiquement à Jean Moulin) durant la seconde guerre mondiale, et l’Etat d’Israël à l’Etat nazi. Ces raccourcis, ce mépris de l’histoire, n’est en réalité que l’utilisation d’une image dans la guerre médiatique : qu’importe si l’image est fausse, elle doit être forte.

Un remake local de la bande de Gaza

Certainement au prétexte de ne pas envenimer les choses, les médias officiels se sont fait un devoir de ne pas trop revenir sur ces événements qui sont appelés à se répéter. Aucune autorité publique ne s’exprime. Perpignan se prend pour un mélange de Soho et de Babel où tout peut être dit en toutes langues. Comme si, avec notre lourd passé, nous devions nous faire petits. Un peu comme si l’ombre des émeutes du 29 mai 2005 dans la ville planait encore, comme si la démonstration de force faite par la « communauté musulmane » avait changé quelque chose de profond dans l’organisation de la société catalane, peut-être la prise de conscience qu’elle l’est de moins en moins. On ne voit pas à Perpignan d’importation du conflit israélo-palestinien, mais une reproduction de l’image de la bande de Gaza, la violence et le risque de mort en moins – et ce n’est pas, nécessairement, parce qu'’il n'’y a pas de manifestation pro-israélienne comme réponse du berger à la bergère. En effet, par facilité intellectuelle, les habitants de ce territoire ont la propension à se sentir assiégés, menacés de toute part, incompris du reste du monde. Mais, alors que l’'Histoire se fait en Méditerranée orientale, il y a longtemps qu’elle ne s’intéresse plus à la Catalogne du Nord. Et ce n’est pas du silence que viendra la résurrection.

vu sur http://blogs.la-clau.net/oliver-massot/blog/perpignan-la-manifestation-pro-palestine-devient-pro-allah-319

19:11 Écrit par la vraie sioniste dans manifestations diverses | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |  Facebook |

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